Emploi & Entreprendre

Travailler à distance depuis le Vietnam : le guide complet 2026

Par Anthony Bouillon 📅 Juin 2026 ⏱ 33 min de lecture Mis à jour le

En bref : oui, on peut travailler à distance depuis le Vietnam pour un employeur ou des clients en France : des milliers de Français le font. Il faut choisir un statut (salarié en télétravail, portage salarial, micro-entreprise ou contrat local) et surtout déterminer sa résidence fiscale, qui ne se résume pas aux 183 jours. Le Vietnam n'a pas de visa de télétravail : la plupart utilisent l'e-visa de 90 jours (25 USD en entrée unique, 50 USD en entrées multiples), dont le renouvellement consécutif reste une zone grise.

Oui, on peut travailler à distance depuis le Vietnam pour des clients ou un employeur en France. Des milliers de Français le font.

Mais "possible" ne veut pas dire "sans conséquences" : il y a des statuts à choisir, une résidence fiscale à gérer et une protection sociale à ne pas laisser tomber. Ce guide fait le tour complet du sujet et renvoie vers chaque article détaillé.

Ce dossier couvre :

  • Les statuts juridiques disponibles (avec le portage salarial et la micro-entreprise en détail)
  • La fiscalité France-Vietnam
  • Le choix du visa
  • La gestion de l'argent
  • Le quotidien du télétravailleur
  • La protection sociale

Le sommaire permet d'aller directement à la partie qui te concerne.

Télétravail depuis le Vietnam

Les 4 statuts possibles : tableau comparatif

Avant tout, voici les options réelles pour un Français qui veut travailler depuis le Vietnam :

Statut Légalité côté Vietnam Fiscalité Protection sociale Pour qui
Salarié FR en télétravail Zone grise (pas de permis travail VN requis, mais risque d'établissement stable pour l'employeur) Dépend de la résidence fiscale Maintien Sécu FR via employeur CDI existant + employeur tolérant
Portage salarial Zone grise similaire, mieux géré Cotisations en France sur revenus bruts Sécu + retraite + chômage via société de portage Freelance ou indépendant avec clients FR/EU
Micro-entreprise Zone grise, dépend du client Cotisations URSSAF obligatoires si résident fiscal français Partielle (selon régime) Faible CA, clients FR, résident fiscal FR
Contrat ou société locale VN Légal avec permis de travail ou création de société Impôt au Vietnam sur revenus VN Cotisations sociales vietnamiennes obligatoires (BHXH, BHYT, BHTN) avec contrat local Long terme, intégration locale

Le statut le plus courant parmi les Français que je connais ici : le portage salarial. Il évite les frictions avec l'employeur français et offre une couverture sociale complète.

Le vrai sujet : où es-tu résident fiscal ?

Avant de choisir ton statut, tu dois trancher une question fondamentale : es-tu résident fiscal en France ou au Vietnam ? La réponse change tout : qui a le droit d'imposer tes revenus, quelles obligations déclaratives tu as, et dans quel pays tu dois cotiser.

La règle des 183 jours est souvent citée mais ce n'est qu'un des quatre critères français (domicile, séjour principal, activité professionnelle principale, intérêts économiques).

Un salarié qui passe 6 mois au Vietnam peut rester résident fiscal français si son foyer familial et ses intérêts économiques y restent.

Un geste simple qui coûte zéro : tiens le décompte de tes jours de présence dans chaque pays (un tableur, ou simplement tes tampons de passeport photographiés). C'est la donnée de base de toute analyse de résidence fiscale, et celle que personne n'a sous la main quand la question devient sérieuse.

Attention aussi au glissement progressif, le scénario le plus courant chez les couples franco-vietnamiens : la première année tu passes trois mois au Vietnam, la deuxième cinq, la troisième huit, et personne ne refait jamais l'analyse fiscale.

Le bon réflexe : refais le point chaque année en décembre (jours passés dans chaque pays, localisation du foyer, des comptes, des clients). Le jour où les curseurs basculent, c'est l'année où il faut changer de statut, pas trois ans après.

Option 1 : Rester salarié français en télétravail

C'est la solution la plus simple si tu as déjà un CDI et que ton employeur accepte. En pratique :

  • Ton contrat de travail reste français, tu paies tes cotisations en France
  • Ton employeur assume le risque de création d'un "établissement stable" au Vietnam : risque faible pour un salarié isolé, mais réel si plusieurs salariés travaillent depuis le même pays. À évaluer avec le service juridique de l'entreprise
  • Tu restes couvert par la Sécurité sociale française (remboursement à l'étranger via CPAM + carte européenne si en déplacement en Europe)
  • Problème pratique : les remboursements CPAM pour des soins au Vietnam sont souvent très partiels. Une assurance complémentaire internationale est fortement conseillée

Cette configuration fonctionne bien pour des séjours de quelques mois. Au-delà d'un an, la question de la résidence fiscale se pose sérieusement et l'employeur commence à demander des garanties.

Option 2 : Le portage salarial

Le portage salarial est, selon moi, l'option la plus propre pour un freelance français au Vietnam.

Tu signes un contrat avec une société de portage française, tu lui envoies tes missions, elle facture tes clients, paie les cotisations sociales françaises et te verse un salaire net.

  • Tu restes salarié sur le papier → Sécu, retraite, droit au chômage (si éligible)
  • Pas de problème de domiciliation d'activité à l'étranger
  • Frais de gestion de la société de portage : en général 5–10 % du CA HT selon les sociétés
  • Idéal pour des clients français ou européens payant en euros

Comment fonctionne le portage

Le portage salarial est un arrangement à trois parties, encadré par le Code du travail depuis 2008 et par une convention collective dédiée (IDCC 3219, obligatoire depuis 2017) :

  • Toi (le salarié porté) : tu trouves tes clients, tu réalises les missions
  • La société de portage : elle signe le contrat avec le client, encaisse le paiement, paie les cotisations sociales et te verse un salaire
  • Le client : il paie la société de portage (pas toi directement)

Une mission type se déroule ainsi :

  1. Tu négocies la mission avec ton client : périmètre, tarif (TJM ou forfait), durée. C'est toi le commercial, la société de portage ne trouve pas de clients à ta place.
  2. Tu signes la convention d'adhésion puis ton contrat de travail avec la société de portage (CDI ou CDD de portage). C'est ce contrat qui fait de toi un salarié.
  3. La société de portage signe le contrat commercial avec ton client, reprenant les conditions que tu as négociées.
  4. Chaque mois, tu remplis ton compte-rendu d'activité (CRA) avec les jours travaillés, et la société facture le client en conséquence.
  5. À l'encaissement, la société transforme le CA en salaire : frais de gestion déduits, charges payées, bulletin de paie émis, virement sur ton compte français, que tu peux ensuite alimenter vers le Vietnam via Wise.
  6. Tu peux passer des frais professionnels (matériel, logiciels, déplacements liés aux missions) qui échappent aux charges, un levier d'optimisation légal à discuter avec ta société de portage.

À noter : le portage est réservé par la loi aux prestations intellectuelles (conseil, informatique, formation, rédaction, design…) exercées en autonomie, pas au commerce de biens ni aux services à la personne.

La convention collective impose aussi un niveau de rémunération minimal au salarié porté, ce qui exclut de fait les missions à très petit tarif.

Simulation de salaire net

Ce qui te revient en salaire net est le CA HT de la mission, moins les frais de gestion de la société de portage, moins les charges patronales (~43 %) et salariales (~26 %) sur le salaire brut. Ordres de grandeur (montants de juillet 2026, frais de gestion à 8 %) :

CA HT facturé/mois Frais gestion (8 %) Base salariale brute Salaire net estimé
2 000 €160 €~1 285 €~950 €
3 500 €280 €~2 250 €~1 665 €
5 000 €400 €~3 215 €~2 380 €
8 000 €640 €~5 145 €~3 805 €

Simulation indicative basée sur des charges patronales d'environ 43 % et salariales d'environ 26 % (taux moyens en portage salarial en France).

Le net réel varie selon la société de portage, le taux de charges et les éventuels frais professionnels déductibles. Pour des chiffres exacts, demande une simulation à la société qui t'intéresse : c'est gratuit.

Oui, la ponction paraît violente : environ la moitié du chiffre d'affaires. Mais ce « coût » achète :

  • Ta retraite qui continue de se construire
  • Tes droits au chômage entre deux missions
  • Ta prévoyance
  • Ta responsabilité civile professionnelle
  • Zéro comptabilité
  • Des factures que les grands comptes acceptent sans sourciller

Vu du Vietnam, où ton coût de vie est faible, l'arbitrage « moins de net, plus de filet » est souvent plus rationnel qu'il n'y paraît, surtout si tu envisages un retour en France un jour.

Le portage depuis le Vietnam, concrètement

  • Ton contrat reste un contrat de travail français : aucun obstacle légal à être ailleurs
  • Tes cotisations sont versées en France : retraite, chômage, Sécu maintenus
  • Tes clients reçoivent une facture française avec TVA, sans complexité particulière pour eux
  • Ta résidence fiscale évolue si tu passes l'essentiel de l'année au Vietnam (voir plus haut)
  • Certaines sociétés de portage sont réticentes à travailler avec des portés hors de France : demande-le explicitement avant de signer

Une nuance capitale que beaucoup découvrent trop tard : cotiser à la Sécurité sociale française ne veut pas dire être soigné gratuitement au Vietnam.

L'assurance maladie française est territoriale : hors de France (et hors UE), tes soins courants au Vietnam ne sont pas pris en charge, même si tu cotises chaque mois via ton bulletin de portage.

Il te faut une couverture dédiée (CFE, mutuelle internationale ou assurance locale), comparées dans le guide santé expatrié.

Être en portage ne définit pas non plus ta résidence fiscale : le statut social (salarié d'une société française) et la résidence fiscale (où tu es imposable) sont deux questions indépendantes.

Si tu deviens résident fiscal vietnamien :

  • La France n'a plus le droit d'imposer que tes revenus de source française selon la convention de 1993
  • Tu dois déclarer tes revenus au Vietnam (consulte un expert-comptable spécialisé pour les obligations exactes)
  • Tes cotisations sociales restent françaises

Si tu alternes sans dépasser les seuils (moins de la moitié de l'année au Vietnam, foyer et intérêts restés en France), tu restes résident fiscal français et rien ne change à ta déclaration. Le détail : résidence fiscale France-Vietnam et règle des 183 jours.

Choisir sa société de portage quand on vit au Vietnam

Il existe des dizaines de sociétés de portage en France, des généralistes historiques aux spécialistes d'un secteur (IT, ingénierie, formation). Pour un expatrié, quelques critères deviennent éliminatoires :

Critère Ce qu'il faut vérifier
Acceptation des portés à l'étrangerCertaines refusent ou ajoutent des conditions : demande-le explicitement par écrit
Taux de frais de gestion5 à 10 % du CA HT selon les sociétés ; plus bas n'est pas toujours mieux si le service est mauvais
Délai de versement du salaireDès réception du paiement client ou à date fixe ? Important pour ta trésorerie
Avances sur salaireCertaines proposent une avance si le client tarde à payer
Facturation internationalePeuvent-elles facturer des clients hors France (en USD, EUR, etc.) ?
Assurance RC Pro incluseImportant si tu interviens dans des domaines sensibles (conseil, juridique, médical)
Convention collective appliquéeLa convention collective du portage salarial (IDCC 3219) est obligatoire depuis 2017

Les questions à poser avant de signer :

  • « Acceptez-vous les salariés portés résidant hors de France ? » Tu veux une réponse écrite et assumée, pas un flou.
  • « Comment gérez-vous ma situation au regard de la convention fiscale France-Vietnam ? » Si ton interlocuteur ne comprend pas la question, change de société.
  • « Quelles options pour ma couverture santé à l'étranger ? » Une bonne société de portage sait t'orienter vers la CFE et/ou une assurance internationale.
  • Les frais réels, tous compris : frais de gestion affichés, mais aussi frais cachés (ouverture de compte d'activité, assurance RC pro, frais de virement). Demande une simulation écrite complète sur ton chiffre d'affaires réel, du CA facturé jusqu'au net viré sur ton compte.
Méfie-toi des promesses : certains sites proposent du « portage offshore » ou des montages en société étrangère pour « payer moins de charges ». Ces montages peuvent être illégaux ou fiscalement risqués. Le portage salarial français légal implique des charges sociales françaises : c'est le prix de la protection.

Les erreurs fréquentes des portés expatriés

  • Choisir sa société uniquement au taux de frais : 2 points de frais d'écart pèsent moins qu'un salaire versé avec un mois de retard ou un support injoignable à 6 h de décalage horaire.
  • Ne pas dire qu'on vit au Vietnam : cacher sa localisation à sa société de portage est le meilleur moyen de créer un litige (adresse fiscale du bulletin, obligations déclaratives).
  • Confondre salaire net et net d'impôt : le prélèvement à la source s'applique selon ta situation fiscale, qui change justement avec l'expatriation.
  • Ignorer les frais professionnels : c'est le principal levier d'optimisation légale du portage, et beaucoup de portés ne l'utilisent jamais.
  • Laisser la résidence fiscale au hasard : passer 200 jours par an au Vietnam sans jamais se poser la question, c'est s'exposer à une régularisation des deux côtés.

Option 3 : Micro-entreprise ou freelance

La micro-entreprise est tentante par sa simplicité. Mais elle cache un piège sérieux pour les expatriés : si tu n'es plus résident fiscal français, domicilier ton activité en France devient compliqué.

Facturer en micro depuis l'étranger peut aussi créer des obligations fiscales doubles (voir le comparatif détaillé dans l'article dédié).

  • Possible si tu restes résident fiscal français (moins de 183 jours au Vietnam, foyer en France)
  • Protection sociale partielle (pas de chômage, retraite limitée)
  • Avantage : très simple comptablement, régime micro-BNC ou micro-BIC
  • Inconvénient : si tu passes résident fiscal vietnamien, la situation devient floue

Pour la facturation : si tu es auto-entrepreneur français, tu peux facturer tes clients avec ton numéro SIRET même depuis le Vietnam. La domiciliation reste en France, les factures sont émises en euros.

Le piège de la domiciliation quand on n'est plus résident fiscal français

La micro-entreprise est un régime fiscal et social français.

Elle suppose que ton activité est domiciliée en France (adresse professionnelle française obligatoire pour l'immatriculation), que tu paies tes cotisations sociales en France et que tu remplis une déclaration de revenus française.

Si tu passes 10 mois par an au Vietnam, que tu y vis et y travailles depuis ton appartement, l'administration française peut estimer que ton activité n'est plus domiciliée en France. La situation devient alors compliquée :

  • L'URSSAF peut remettre en cause tes cotisations
  • L'administration fiscale peut demander des arriérés si elle considère que tu aurais dû payer au Vietnam
  • La domiciliation fictive (tu loues une adresse en France sans y travailler) est légalement risquée
Ce n'est pas automatiquement interdit, et beaucoup de Français le font sans problème. Mais en cas de contrôle fiscal, la situation est difficile à défendre si ta vie entière est au Vietnam.

Trois arguments reviennent en boucle dans les groupes d'expatriés pour justifier de garder sa micro en vivant au Vietnam :

  • « Personne ne contrôle, tout le monde le fait. » L'absence de contrôle n'est pas un droit acquis : c'est une exposition qui court. Les échanges automatiques d'informations bancaires entre pays progressent chaque année, et un contrôle rétroactif porte sur plusieurs années d'arriérés, majorations comprises.
  • « Je garde l'adresse de mes parents, c'est ma domiciliation. » Une boîte aux lettres n'est pas une activité. Si ton activité réelle (ton ordinateur, tes journées de travail, ta vie) est à Hanoï, une adresse en France ne crée pas de substance économique en France. C'est précisément la définition de la domiciliation de complaisance.
  • « Je facture en ligne, mes revenus sont invisibles. » Tes clients français déduisent tes factures de leur comptabilité, ta banque française voit tes encaissements, et ton train de vie vietnamien laisse des traces bancaires.

Beaucoup de gens vivent des années dans ce flou sans incident. Le but ici est seulement de dire où est le risque, pour que ton choix soit un choix informé et pas une habitude héritée.

Portage ou micro-entreprise : comparatif et arbre de décision

La différence tient en une phrase : la micro-entreprise optimise le net immédiat, le portage optimise le statut.

Quand on vit à 10 000 km de la France, la question n'est plus seulement « combien il me reste à la fin du mois », mais « qu'est-ce qui tient juridiquement debout quand ma vie entière s'est déplacée dans un autre pays ».

Critère Portage salarial Micro-entreprise
Retraite françaiseCotisations complètesPartielle
Assurance chômageOui (si éligible ARE)Non
Sécurité socialeRégime généralPartielle
Charges socialesÉlevées (~45 à 50 % sur brut, plus les frais de gestion)Faibles
Complexité adminDéléguée à la sociétéTrès simple
Crédibilité client FRFacture pro, contratCorrecte
Chiffre d'affairesIllimitéPlafonné (seuil du régime micro)
Problème de domiciliationNon (société en France)Oui si non-résident fiscal
Compatibilité expatriation longue duréeBonneRisquée si non-résident fiscal
Passes-tu plus de 183 jours par an au Vietnam ?
Oui : tu es potentiellement résident fiscal vietnamien, le portage salarial est plus sécurisé.
Non : tu restes résident fiscal français, la micro-entreprise est plus facile à maintenir.

Ton CA dépasse-t-il 5 000 € par mois ?
Oui : le portage salarial devient compétitif même en charges (meilleure protection sociale).
Non : la micro-entreprise reste souvent plus avantageuse si tu es résident fiscal français.

Veux-tu les droits au chômage ?
Oui : portage salarial obligatoire.
Non : les deux options sont possibles.

Si tu es résident fiscal vietnamien (183 jours ou plus, intérêts économiques principaux au Vietnam), le Vietnam a le droit d'imposer tes revenus mondiaux (loi sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques n° 109/2025/QH15, appliquée aux salaires et revenus d'activité des résidents depuis l'année fiscale 2026).

La convention de 1993 répartit les droits d'imposition. Maintenir une micro-entreprise française dans ce contexte est très ambigu ; le portage salarial, lui, est clairement un revenu de source française, auquel la convention applique des règles précises.

Si tu es résident fiscal français (moins de 183 jours au Vietnam ET foyer, comptes et famille en France), la micro-entreprise fonctionne normalement, tu paies tes impôts en France sur l'ensemble de tes revenus, et le portage reste une option (souvent meilleure pour la protection sociale).

Trois profils types, trois réponses

  • Le développeur freelance installé à Hanoï, 100 % de clients français, marié à une Vietnamienne, sans intention de rentrer. Résidence fiscale vietnamienne quasi certaine. Maintenir une micro-entreprise « domiciliée » chez ses parents en France, c'est exactement le montage fragile décrit plus haut. Réponse : portage salarial, avec CFE ou assurance internationale pour la santé.
  • La consultante qui alterne, 5 mois au Vietnam l'hiver, 7 mois en France où vivent ses clients et sa famille. Résidence fiscale française conservée. Réponse : micro-entreprise parfaitement défendable, portage seulement si elle veut le chômage et la retraite pleine.
  • Le prof de français en ligne au CA modeste, installé à Đà Nẵng, revenus d'environ 1 500 € par mois. Le cas douloureux : résident fiscal vietnamien (donc micro fragile), mais un CA sur lequel les 45 à 50 % de charges du portage font très mal. C'est le profil qui doit vraiment poser toutes les options sur la table : portage en acceptant le coût de la conformité ou structuration locale à terme, idéalement avec une consultation fiscale à l'appui.

La troisième voie : le statut vietnamien

Si ta vie et tes clients basculent durablement au Vietnam, la question du statut local finira par se poser : création d'une société vietnamienne ou activité enregistrée sur place, avec à la clé un vrai permis de travail et une situation limpide côté vietnamien.

C'est un chantier d'une tout autre ampleur (capital, licences, comptabilité locale), détaillé dans créer une entreprise au Vietnam.

Pour la plupart des freelances franco-vietnamiens, la trajectoire réaliste est : portage salarial d'abord, statut local seulement si le centre de gravité économique bascule vraiment au Vietnam.

Ce que ton statut change pour ton couple

Ton statut professionnel est une pièce de dossier dans quasiment toutes les démarches d'un couple mixte. Des fiches de paie de portage salarial, lisibles, régulières, françaises, sont un document que toutes les administrations comprennent :

Un chiffre d'affaires de micro-entreprise en zone grise de domiciliation, c'est l'inverse : chaque dossier devient une explication.

Quel visa pour télétravailler depuis le Vietnam ?

Le Vietnam n'a pas de visa "digital nomad" officiel, contrairement à d'autres destinations de la région.

Les lois sur l'immigration et le travail distinguent surtout « travailler pour une entité vietnamienne » (il faut un permis) et « séjourner au Vietnam » (il faut un visa) : le télétravail pour des clients étrangers n'est formellement ni autorisé ni interdit par un texte spécifique.

Les options pratiques :

  • E-visa (90 jours au plus, renouvelable ; 25 USD en entrée unique, 50 USD en entrées multiples) : utilisé par la majorité des nomades, mais le renouvellement consécutif est une zone grise
  • Visa DN (affaires, 3–12 mois) : plus adapté pour un séjour long, nécessite une lettre d'invitation d'une société vietnamienne
  • Visa TT / TRC : si tu es marié(e) à un(e) Vietnamien(ne), c'est l'option la plus stable → guide visa TT et TRC pour conjoint de Vietnamien
Zone grise : Télétravailler en visa touriste ou e-visa est toléré en pratique au Vietnam, mais non autorisé formellement. Aucun cas d'expulsion ou d'amende pour simple télétravail n'est documenté à ce jour, mais la situation réglementaire peut évoluer sans préavis.
Visa Durée Renouvelable Travail autorisé Pour qui
E-visa90 joursOui mais limitéNon formellementCourt séjour, nomade de passage
Visa DN (affaires)3 à 12 moisSelon conditionsAffaires, pas emploi localSéjour moyen ou long avec activité business
Visa TT / carte de résidence1 à 3 ansOuiZone grise (pas de travail local)Conjoint d'un(e) Vietnamien(ne)
Permis de travail (giấy phép lao động)2 ans max, renouvelableOuiOui (emploi local autorisé)Salarié d'une entreprise vietnamienne

L'e-visa au quotidien

L'e-visa se demande en ligne sur la plateforme officielle du Département de l'Immigration du Vietnam (evisa.xuatnhapcanh.gov.vn).

Il est valable jusqu'à 90 jours, en entrée unique ou en entrées multiples, coûte 25 USD en entrée unique et 50 USD en entrées multiples, et le traitement prend environ 3 jours ouvrés.

Sortir du pays (Cambodge, Laos, Thaïlande) et rentrer avec un nouvel e-visa est courant. Les autorités commencent à questionner certains voyageurs qui font ça de façon répétée, sans refuser systématiquement.

Quelques réflexes :

  • Demande le suivant avant que l'actuel expire si tu prévois une sortie-retour (les délais de traitement s'allongent autour des fêtes, Tết en tête)
  • Vérifie que le point d'entrée déclaré correspond bien à ton vol de retour
  • N'oublie pas la déclaration PAI à chaque arrivée dans les grands aéroports

Le visa DN : un outil de séjour, pas un statut de travail

Le visa DN est théoriquement pour les affaires (rencontres avec des partenaires vietnamiens, conférences, activités commerciales). Il nécessite une lettre d'invitation d'une société vietnamienne et n'autorise pas formellement le télétravail pour des clients étrangers : même zone grise que l'e-visa.

La « lettre d'invitation » se monnaye auprès d'agences plus ou moins sérieuses, et la frontière entre le service administratif légitime et le montage de complaisance est parfois mince.

Si la société qui t'« invite » n'a aucune activité réelle avec toi, tu construis ton séjour sur un document dont tu ne contrôles ni la validité ni les conséquences en cas de contrôle. Passe par des agences établies et garde les justificatifs.

Marié(e) à un(e) Vietnamien(ne) : le visa TT et la carte

Pour un conjoint de Vietnamien, le visa TT puis la carte de résidence temporaire sont de loin les options les plus sereines : séjour légal de 1 à 3 ans renouvelable, pas de visa-run, une base légale claire pour la résidence.

Le télétravail pour des clients étrangers reste une zone grise, mais le statut de résident reconnu limite les risques pratiques. Bonus considérable : le Code du travail vietnamien exempte de permis de travail l'étranger marié à un(e) Vietnamien(ne) et résidant au Vietnam.

Si un jour tu veux basculer vers une activité locale (contrat vietnamien, clients sur place), une confirmation d'exemption remplace tout le parcours du permis. Les démarches sont dans le guide de la carte de résidence pour conjoint.

Honnêteté sur les zones grises

Affirmation Statut
Télétravailler en e-visa est légal au VietnamPas explicitement légal
Des nomades se font régulièrement expulser pour télétravailAucun cas documenté en 2025-2026
La situation peut changerOui : le Vietnam peut décider demain de créer un visa nomade OU de durcir les règles
Le permis de travail résout tous les problèmesSeulement si tu travailles pour une entité vietnamienne
Le visa TT / la carte est la solution la plus stablePour les conjoints de Vietnamiens, oui

Pourquoi cette tolérance de fait ? Les télétravailleurs dépensent localement des revenus gagnés à l'étranger, ne prennent l'emploi de personne, et remplissent cafés, coworkings et locations longue durée. Réprimer cette population n'aurait guère de logique économique.

Mais « probable » n'est pas « garanti », et bâtir sa vie sur une tolérance reste un choix à faire en connaissance de cause.

Un coup d'œil à la région aide à situer le Vietnam :

  • La Thaïlande a lancé son visa DTV (Destination Thailand Visa), pensé notamment pour les travailleurs à distance
  • L'Indonésie a créé des visas longue durée ciblant les nomades à Bali
  • La Malaisie a son programme DE Rantau dédié aux professionnels du numérique

Le Vietnam, lui, a plutôt élargi ses outils généralistes (e-visa ouvert à toutes les nationalités, allongement à 90 jours, exemptions élargies) sans créer de statut spécialisé.

Les bonnes pratiques du télétravailleur

  • Garde tes clients et tes revenus à l'étranger. La zone grise concerne le télétravail pour des clients hors Vietnam. Facturer des clients vietnamiens sans structure locale ni permis, c'est du travail non déclaré au sens plein.
  • Sois irréprochable sur tout le reste : visa valide, enregistrement de résidence à jour, pas d'overstay. La tolérance de fait dont bénéficient les télétravailleurs repose sur leur discrétion administrative.
  • Ne te présente pas comme « travaillant au Vietnam » dans tes démarches locales : tu séjournes au Vietnam et ton activité est à l'étranger. C'est exactement la réalité juridique.
  • Si ta situation le permet, sors de la zone grise par le haut : mariage puis visa TT et carte, contrat local puis permis de travail, vraie activité récurrente puis structure adaptée.

Recevoir et gérer son argent

Quand tes clients paient en euros et que tu vis en đồng, la gestion des transferts est critique. Ce que j'utilise :

Si tu es francophone, italki permet aussi de donner des cours particuliers à des apprenants du monde entier, depuis un café ou ton appartement. Pas de diplôme requis en tant que tuteur communautaire. Revenus typiques : 10 à 25 € de l'heure selon ta réputation.

Et si tu cherches une activité en ligne à construire sur la durée plutôt qu'une mission, le blog de niche reste une piste sérieuse, lente mais compatible avec la vie d'expatrié : voir créer un blog d'expat rentable.

Le quotidien du télétravailleur : connexion, lieux, décalage horaire

La connexion internet

Les nouveaux arrivants sous-estiment souvent l'infrastructure : à Hanoï, les débits fibre domestiques atteignent couramment 100 à 500 Mb/s pour 150 000 à 400 000 VND par mois, une fraction du prix français, avec quatre opérateurs principaux (Viettel, VNPT, FPT, CMC).

Les coupures sont rares dans les quartiers centraux, plus fréquentes lors des typhons, et un VPN est recommandé pour accéder à certains services.

Le kit de continuité du professionnel :

  • Une SIM data en secours pour le partage de connexion (opérateur différent de ta fibre, pour ne pas tomber avec elle)
  • Une batterie externe capable de tenir un appel visio
  • Le repérage du café à fibre le plus proche pour les jours de coupure

Détail des forfaits et opérateurs dans le guide SIM et internet.

Où travailler

Le bon mix dépend de ton métier : les appels visio à répétition réclament le calme d'un coworking ou du bureau à domicile (la fibre résidentielle est excellente), le travail de production s'accommode parfaitement des cafés.

Le café vietnamien de quartier est l'option sous-cotée : WiFi correct, cà phê à prix local, et personne ne te presse de partir. Beaucoup alternent : maison le matin, café l'après-midi. Adresses et tarifs dans le guide des coworkings et cafés de Hanoï et HCMV.

Le décalage horaire, un atout

Le Vietnam vit à UTC+7, sans changement d'heure : soit +6 heures sur la France en hiver, +5 heures en été. Bien géré, c'est un avantage :

  • Tes matinées sont libres : quand tu commences ta journée à Hanoï, la France dort. Ces heures sans email ni notification sont idéales pour le travail de fond (production, code, rédaction).
  • Le recouvrement se joue l'après-midi : 14h-19h à Hanoï correspondent à 8h-13h (hiver) ou 9h-14h (été) à Paris. C'est ta fenêtre de réunions, d'appels et de réactivité client.
  • Le piège du soir : l'après-midi français déborde sur ta soirée vietnamienne. Sans discipline, tu réponds aux messages jusqu'à 22h et ta vie locale (et ton couple) en pâtit. Fixe une heure de coupure et annonce-la à tes clients : « joignable jusqu'à 18h heure de Paris » est une limite parfaitement professionnelle.
  • Annonce ton fuseau : la plupart des clients se moquent d'où tu es tant que les créneaux sont clairs et tenus.

Les plateformes pour trouver des clients

Les plateformes servent surtout à amorcer : les freelances installés qui vivent bien de leur activité tirent l'essentiel de leurs revenus de clients directs et de recommandations.

PlateformeMarché cibleTypes de missions
MaltFrance / Europe francophoneDev, design, marketing, conseil
UpworkInternational anglophoneToutes catégories
FiverrInternationalMissions courtes, micro-services
ToptalTech internationalDev senior, finance, design (sélectif)
LinkedInInternational B2BConseil, formation, SaaS (réseau direct)

Commence sur Malt si tu cibles les clients français (profils vérifiés, facturation automatique, TVA gérée), et développe en parallèle un réseau LinkedIn avec mention de ta localisation au Vietnam.

Protection sociale, santé et retraite

C'est le sujet qui fait le plus peur, et à raison. En quittant un emploi salarié français, tu perds progressivement ta couverture sociale. Les options :

  • Rester salarié ou en portage : tu conserves la Sécu française (la solution la plus simple)
  • CFE (Caisse des Français de l'Étranger) : adhésion volontaire, permet de maintenir une couverture maladie et de cotiser pour la retraite de base française. Tarifs selon l'âge : consulte cfe.fr
  • Assurance privée internationale : en complément ou en remplacement selon ta situation (ACS, April International, Cigna…). Les primes varient significativement selon l'âge et le niveau de couverture

Deux points que les nomades découvrent souvent trop tard. Le chômage d'abord : les droits ARE sont perdus si tu t'expatries sans maintenir une recherche active d'emploi en France, une expatriation volontaire ne les « met pas en pause ».

La retraite ensuite : chaque trimestre non cotisé est un trimestre perdu. Un nomade de 30 ans installé au Vietnam sans cotisation volontaire pendant 5 ans perd 20 trimestres, avec une décote permanente sur la pension française à la clé.

L'assurance vieillesse volontaire de la CNAV permet de valider des trimestres depuis l'étranger, en cumul possible avec la CFE pour la maladie.

Les erreurs fréquentes du télétravailleur au Vietnam

  • Ignorer la retraite parce qu'on a 30 ans : les trimestres perdus ne se rattrapent pas.
  • Laisser sa micro-entreprise française en pilote automatique : la domiciliation, la TVA et la résidence fiscale évoluent quand ta présence au Vietnam s'allonge. Un point annuel avec un comptable évite l'accumulation silencieuse de problèmes.
  • Prendre des clients vietnamiens « pour arrondir » : c'est le geste qui transforme une situation tolérée en travail illégal caractérisé. Les clients locaux exigent une structure locale ou un permis.
  • Négliger l'assurance santé : aucun des statuts et visas de cette page n'apporte de couverture maladie au Vietnam. L'accident de scooter n'attend pas que tu aies « le temps de t'en occuper » (options comparées dans le guide santé expatrié).
  • Vivre en pointillé sur des e-visas sans plan B : ça fonctionne, jusqu'au jour où un agent d'immigration trouve que ça fait beaucoup. Si ta vie se construit ici (couple, logement), commence à bâtir un vrai statut (voir quel visa).

Mon parcours

J'ai opté pour la micro-entreprise. Mes activités sont multiples :

  • Support informatique à distance et physique selon les déplacements
  • Vente d'e-books sur Amazon sur l'apprentissage des langues et le système polyglotte
  • De l'affiliation pour des applications et produits

Pour les transferts, j'utilise Wise : c'est le moyen le plus simple et le moins cher pour envoyer des euros vers mon compte vietnamien au taux du marché.

Ce statut me convient pour l'instant. Si ma situation évolue vers la résidence fiscale vietnamienne, je réévaluerai si la micro reste l'option la plus adaptée.

Disclaimer : Cet article partage mon expérience et des informations générales, pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Pour ta situation précise, consulte un expert-comptable ou un avocat fiscaliste spécialisé en expatriation.

📌 La fiche pratique sur Vietnam en poche Impôts : résidence fiscale et convention →

Questions fréquentes

Oui, c'est légalement possible. La question n'est pas d'avoir la permission du Vietnam (il n'y a pas de contrôle à ce niveau), mais de gérer correctement la fiscalité côté français et les obligations de ton employeur. Si tu restes salarié français, ton employeur assume un risque dit d'établissement stable : le risque que l'administration fiscale vietnamienne considère que la présence permanente d'un salarié crée une obligation fiscale locale pour l'employeur. Ce risque est faible pour un salarié isolé mais réel, à évaluer avec le service juridique de l'entreprise. Le portage salarial contourne ce problème proprement.
Cela dépend de ta résidence fiscale. Si tu passes plus de 183 jours au Vietnam dans l'année et que ton centre d'intérêts économiques y est, tu deviens résident fiscal vietnamien, et la convention de 1993 détermine alors quel pays impose quoi. Le détail est dans notre article sur la résidence fiscale et les 183 jours.
Le portage salarial te maintient salarié d'une société de portage française, avec cotisations retraite, chômage et mutuelle. La micro-entreprise te rend indépendant mais peut poser des problèmes si tu n'es plus résident fiscal français, notamment pour la domiciliation de l'activité. Le comparatif portage vs micro de cette page détaille ça avec un arbre de décision.
Le Vietnam n'a pas de visa "nomade digital" officiel. En pratique, la plupart des télétravailleur/ses étrangers utilisent le visa e-visa ou le visa d'affaires (DN) pour des séjours longs. Si tu es marié(e) à un(e) Vietnamien(ne), le visa TT ou la TRC sont les options les plus stables. Le Vietnam tolère le télétravail en visa touriste, mais la zone est grise légalement.
Oui, tu perds automatiquement la Sécu si tu n'es plus affilié à un régime obligatoire français. Les solutions : rester salarié (ton employeur cotise), adhérer à la CFE (Caisse des Français de l'Étranger) qui maintient une couverture maladie et retraite, ou souscrire une assurance privée. Le cumul CFE + assurance internationale est la configuration la plus courante pour un expat qui travaille en indépendant.
Formellement, l'e-visa est accordé pour 90 jours au plus. Le renouvellement consécutif (sortir du Vietnam et revenir immédiatement avec un nouvel e-visa) est pratiqué par beaucoup de nomades, mais les autorités commencent à questionner certains voyageurs qui font ça de façon répétée. C'est légal aujourd'hui mais reste à la discrétion des agents de l'immigration : il est prudent d'avoir une alternative pour les séjours longs.
Pas sans structure. Facturer des clients situés au Vietnam, c'est exercer une activité économique dans le pays : il faut soit un permis de travail via un employeur local, soit une entreprise vietnamienne en règle, soit l'exemption de permis de travail des conjoints de Vietnamiens (avec ses formalités). Le télétravail « toléré » concerne uniquement les clients étrangers : mélanger les deux fait sortir de la zone grise du mauvais côté.
Les frais de gestion varient selon les sociétés, mais se situent généralement entre 5 % et 10 % du CA HT (parfois jusqu'à 12 % pour des formules premium). Certaines sociétés prennent un forfait mensuel fixe. Il faut comparer le pourcentage prélevé, les services inclus (comptabilité, assurance RC pro, avances sur salaire) et la réactivité du support.
Oui, sous conditions. Si tu as cotisé suffisamment (en jours travaillés et en montants), tu peux ouvrir des droits à l'allocation chômage (ARE) via France Travail. Le portage salarial ouvre bien ces droits, contrairement à la micro-entreprise. Consulte France Travail pour les conditions exactes d'affiliation applicables à ta situation.
Non. Tes clients peuvent être basés n'importe où : France, Europe, États-Unis, Asie. La société de portage facture en leur nom dans la devise convenue. Pour des clients étrangers, il faudra vérifier avec la société de portage les modalités de facturation internationale (TVA, frais de change, etc.).
Non. L'assurance maladie française est territoriale : cotiser via un bulletin de salaire ou de portage maintient tes droits en France (et ta retraite, ton chômage), mais ne rembourse pas tes consultations à Hanoï ou ton hospitalisation à HCMV. Pour la santé sur place, il faut une couverture dédiée : CFE, mutuelle internationale ou assurance locale. C'est un budget à part entière, à intégrer dans ton calcul de TJM.
Techniquement oui, mais ça pose des problèmes. La micro-entreprise requiert une domiciliation en France (exigée par le Code de commerce). Si tu n'es plus résident fiscal français, cette domiciliation peut être contestée par l'URSSAF ou l'administration fiscale. La situation est floue, pas automatiquement illégale, mais risquée si tu es contrôlé.
Oui. La fermeture d'une micro-entreprise se fait en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Dès que tu ouvres ton compte avec une société de portage et signes ton premier contrat, tu passes en portage. Il n'y a pas de délai de carence obligatoire. Attention aux missions en cours et aux clients déjà facturés depuis la micro.
En droit français, le cumul des deux statuts est possible (certains gardent la micro pour une activité secondaire). Mais pour un expatrié au Vietnam, le cumul cumule aussi les problèmes : la fragilité de domiciliation de la micro ne disparaît pas parce qu'un portage existe à côté. Si tu n'es plus résident fiscal français, simplifier vers un seul statut propre est presque toujours la meilleure décision.
Le Vietnam est à UTC+7 toute l'année (pas de changement d'heure) : +6 heures sur la France en hiver, +5 heures en été. Quand il est 9h à Paris, il est 15h ou 16h à Hanoï. Pour un télétravailleur, cela signifie des matinées vietnamiennes sans sollicitations françaises, et une fenêtre de réunions l'après-midi.
Apporte ton ordinateur principal : tu connais son clavier (AZERTY introuvable au Vietnam, où le QWERTY règne) et tu évites toute friction de garantie. Sur place, tout le reste s'achète très bien (écrans, périphériques, accessoires) dans les grandes enseignes d'électronique des villes, à des prix corrects. Vérifie simplement que tes appareils supportent le 220V (standard vietnamien, comme en France) et prévois des adaptateurs pour les prises plates rencontrées ici et là.
Anthony Bouillon

Anthony Bouillon

Français expatrié à Phủ Lý, près de Hanoï. Je travaille à distance pour des clients francophones depuis 2024 et je partage tout ce que j'ai appris sur la fiscalité, les statuts et la vie pratique.

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